Le coaching la panacée?

Nous voyons bien aujourd’hui à quel point nous en étions, avant la crise sanitaire, au zénith de l’individualisme. Cette tendance généralisée dans notre société et dans le management en particulier a pour conséquence un certain nombre de symptômes. Cette montée en puissance de l’individualisme dans notre société et particulièrement à l’hôpital est une réalité.  Chacun ne pense qu’a sa carrière ou, au pire, à faire plaisir à la hiérarchie en faisant fi des besoins: les siens, ceux des personnes qu’il accompagne, soigne, encadre et forme, met à mal les valeurs soignantes. Comment être heureux au travail quand vos valeurs sont discréditées. Le temps de la réflexion n’existe plus , il faut réagir immédiatement. Toute réussite ou tout échec devient personnel, de sa propre responsabilité. D’où des dépressions, bore-out, burn-out, brown-out et autres crises d’angoisses. Le problème c’est l’individu. A problème individuel solution individuelle.

Que nous propose nos institutions? Le coaching. Cette solution, d’appellation d’origine incontrôlée, comme le dit De Funès en 2019 est sensée conduire les personnes en errance d’un point à un autre. Qui sont ces coachs? Quelle formation? Le profil type a été très bien décrit dans l’ouvrage de Julia De Funès.

Lorsque vous regardez les coachs de vos établissements vous allez les retrouver. Ne faisons pas une généralité mais comptez et vous verrez qui ils sont en majorité. Une personne mature, dans la cinquantaine à la voix emplie de neutralité bienveillante dont le leitmotiv est «  Si seulement nous pouvions voir autrement le réel, notre vie irait bien mieux. » Vive les autruches !! Des personnes qui ont de l’expérience, souvent des personnes dont les ambitions ont été déçues. Le coaching est davantage une échappatoire, un itinéraire bis. L’illusion d’être psy sans être vraiment psy tout en jouant au psy, bref un ersatz. Ne crachons pas dans la soupe, l’accompagnement fait du bien, sert parfois. En tant que professionnels de santé nous avons tous appris ce qu’est la relation d’aide. Pourquoi ne pas profiter le l’expertise de psychologues dument formés, souvent inemployés.

Point de regard systémique, point de réflexion complexe, il faut faire simple, simpliste. La personne doit bouger mais en aucun cas l’institution qui l’a mis dans cette situation. Espérons qu’à la sortie de cette crise sanitaire, la réappropriation des valeurs d’entraide, de solidarité, montre à nos décideurs que la solution vient de l’intelligence collective.

DE FUNES Julia, Développement (im)personnel, le succès d’une imposture, L’observatoire, 2019.

 

Cet article a 1 commentaire

  1. Chantrel pascale

    Elles ont osé !! Bravo, tout à fait d’accord avec cette réflexion.

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