Réflexion sur le Ségur au terme d’un accord contrasté.

Ségur de la Santé est-il un mauvais accord ?

Un nouveau collectif apolitique et non syndiqué « Santé en danger » recherche des insatisfaits et réclame un Ségur2.0. Des corporations et syndicats soignants IDE organisent des états généraux. Que devons nous en penser ? Voici notre analyse.

Le 13 juillet 2020, trois organisations syndicales représentatives de la Fonction Publique Hospitalière (FPH) ont signé l’accord relatif à la FPH. La CFE-CGC ne siégeant pas au Conseil Supérieur de la FPH, n’a pas participé aux négociations.

Aurions-nous signé cet accord ?

Photo Olivier Veran
Olivier Veran Ministre de la Santé à la cloture du Ségur de la Santé
Concernant l’axe 1 qui porte sur les carrières et les rémunérations réévaluées pour rendre au service public hospitalier son attractivité,  nous constatons des avances majeures. Les 49 points d’indice majorés pour les agents titulaires et contractuels soit 183€ nets par mois, c’est inédit sur les dernières décennies où les organisations syndicales n’ont cessé de batailler pour n’obtenir que de maigres et rares augmentations du point d’indice ! La création d’un complément de traitement indiciaire pour les titulaires et d’un complément de salaire pour les contractuels permet de s’affranchir  de la contrainte de revalorisation des grilles indiciaires.

Il faut prendre en considération ces augmentations quasi immédiates.

Le travail de fond sur la revalorisation des grilles des personnels soignants, médico-techniques et de la rééducation ainsi que la construction d’un régime indemnitaire plus lisible et plus transparent constitue la seconde étape. La CFE-CGC veillera en particulier à ce que les cadres de santé (cadres de santé et cadres supérieurs de santé) soient revalorisés au même titre que tous les soignants afin que leur rémunération soit à terme au même niveau que celles des cadres administratifs et techniques. Nous proposons qu’une fois remis à plat, l’ensemble du régime indemnitaire soit intégralement versé dans le complément de traitement indiciaire, sans perte de salaire net pour l’ensemble des agents. Des actions restent à mener pour les sages-femmes, une nouvelle fois pénalisées par l’ambiguïté de leur statut « Ce corps de statut médical est classé en catégorie A au sein de la FPH ». De même, les cadres administratifs et techniques, fortement mobilisés lors de la crise sanitaire du printemps doivent également voir leurs rémunérations revalorisées à hauteur de leur engagement quotidien.

Par conséquent, si la CFE-CGC avait siégé, elle se serait positionnée dans le camp des organisations réformistes et responsables.

La CFE-CGC acteurs-santé aurait signé cet accord.

Cela aurait constitué une occasion historique d’afficher notre volonté de développer un syndicalisme de propositions, d’idées, prônant le dialogue social à tous les niveaux, préférant le choc des idées au combat de la rue. Les syndicats sont tellement décriés aujourd’hui que moins de 45% des agents de la FPH votent aux élections professionnelles afin d’élire leurs représentants qui , pour certains, signent des accords qui bénéficient à toutes et à tous. La démocratie sociale peut s’exprimer par les revendications, les grèves, les manifestations mais les accords ne se négocient pas, ne se signent pas sur le pavé ! Un nouveau contrat social syndical doit s’établir entre les salariés et leurs organisations syndicales, reposant sur la responsabilité, la confiance, l’échange.

C’est notre vision de l’accord au CHU de TOURS.

F.H.

Réflexion sur le Ségur au terme d’un accord contrasté.
Mme Jacqueline GOURAULT, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales Conclusions du « Ségur de la Santé »Mme Frédérique VIDAL ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation Mme Brigitte BOURGUIGNON, ministre déléguée, chargée de l'Autonomie Mme Nicole NOTAT, animatrice du Ségur de la Santé