Suppressions de places en IFSI : une décision irresponsable qui met en danger notre système de santé
Faute d’un engagement clair, pérenne et à la hauteur des enjeux de la part de l’État, certaines collectivités territoriales annoncent la suppression de places en Instituts de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) dès la prochaine rentrée. La Région Grand Est en est une illustration préoccupante.
Cette décision est incompréhensible et dangereuse.
Une contradiction majeure face à la crise du système de soins
Alors que l’hôpital public traverse une crise profonde — marquée par des besoins de santé croissants, une pénurie persistante de professionnels, des difficultés de fidélisation, un épuisement professionnel massif et une insécurité grandissante au travail — réduire les capacités de formation relève d’un non-sens stratégique.
Comme l’a rappelé Jean-Marc Carneiro, Président d’Acteurs Santé CFE-CGC :
« Dans un contexte particulièrement tendu pour l’Hôpital public, ces annonces condamnent, à court terme, l’efficience et, à plus long terme, la survie même de notre système de soins. »
Moins de formation aujourd’hui, moins de soignants demain
Supprimer des places en IFSI aujourd’hui, c’est organiser la pénurie de soignants de demain. C’est fragiliser encore davantage un système déjà sous extrême tension, au détriment des professionnels comme des patients.
Cette orientation va à l’encontre de tous les constats partagés par les acteurs de terrain, les organisations syndicales et les experts de la santé.
Un moment charnière pour la profession infirmière
Nous sommes pourtant à un tournant décisif pour la profession infirmière :
- la déclinaison opérationnelle du décret du 26 décembre est toujours attendue,
- le référentiel de formation doit encore être publié,
- et surtout, des décisions politiques fortes sont nécessaires pour répondre aux enjeux d’attractivité, de reconnaissance et de qualité des soins.
Dans ce contexte, réduire l’offre de formation envoie un signal profondément négatif aux futurs professionnels comme à ceux déjà en exercice.
Le temps des annonces est révolu
Pour Acteurs Santé CFE-CGC, l’heure n’est plus aux promesses ni aux effets d’annonce sans lendemain.
Antoine Beaufort, Porte-parole du syndicat et secrétaire national en charge des territoires, l’affirme :
« Le temps des promesses est révolu. Nous attendons désormais des actes concrets, à la hauteur des enjeux, et nous le rappellerons fermement aux ministres concernés. »
Acteurs Santé CFE-CGC continuera de porter cette alerte et de défendre, avec détermination, une politique de formation et de santé publique cohérente, responsable et tournée vers l’avenir.